Sylvie Gesbert de Linéa : Ultimate Vision (fevrier mars 2007)
Je crois que l’œuvre situe le peintre. J’aime la peinture qui parle d’elle-même, qui arpente les rêves en créant des formes. Elles viennent de loin, du fond de soi, elles sont itinérantes, nomades, rétives aux mots, et elles nous constituent ici et là en prenant corps dans la matière, la couleur, la lumière. Peindre c’est affirmer la langue du silence des formes. Et cela devient une image.
Transhumances
Transhumances
Créatrice plasticienne de culture franco-espagnole Sylvie Gesbert de Línea (1965) vit à la Réunion.
Son imaginaire est peinture :
Enfant, avant même les mots, elle discerne l’éclat de la lumière, l’harmonie rythmique des couleurs et la profondeur de la matière. Au cours d’un été mémorable elle découvre Bosch au Prado et Picasso à Mougins, et sa vision plastique se fonde. C’est le temps de l’apprentissage technique (d’emblée le bleu et l’huile) dans des ateliers d’art (Cannes, Dijon, Madrid). Il s’ensuit une dizaine d’années d’expérimentations : sculpture, vitrail, photographie, installation (vidéo), jeu pictural sur le plein et le vide (vacuus)… Naît une création instinctive et solitaire, emplie de sève et de gaieté, très libre.
« Les œuvres fragmentées telles que Rencontre dans les aubes lointaines disent un tout dans une dimension particulière. Elles rendent visible une intrigue démultipliée en un espace fractal. »
La voie du Gesbert’S blue :
En 1997 elle s’établit à la Réunion. Son monde s’étaye en bleu. Il fait advenir une image plus magique que visuelle. La création éclate en œuvres fragmentées, fresques sur toile et œuvres hybrides (Angel trip, Serial picture…).
Le théoricien de l’art Eryx de la Clappe crée un catalogue raisonné, écrit un essai publié dans la monographie Et pourtant en bleu je dessine (Océan Editions, déc. 2003), et mène sur plusieurs années des entretiens.
« La peinture est défrichement de formes, de beautés picturales. C’est une aventure inépuisable pour mettre à jour les désirs et les frayeurs, pour les éclairer. »
Les carnets Transhumances :
En 1990 elle inaugure ses carnets sur l’art : « Ce qui importe, ce n’est pas le sujet de la peinture, c’est que la peinture soit sujet, sujet d’elle-même, de ses espaces, de ses formes, de ses couleurs, de ses matières, de ses propres ouvertures et submersions. »
Elle peint simultanément des œuvres polychromes ou en bleu, instituant deux mondes intuitifs.
Première exposition personnelle : Galerie Riviera, Cannes, 1992. D’autres suivent en France et en Europe. La rencontre décisive avec la Galerie Dexa (Paris) lui ouvre l’Amérique et l’Asie. Une esthétique s’affirme, celle d’un art de l’apogée de l’image conçu comme état optimal de stabilité de la figure dans un jeu de forces picturales. Vitalité et fascination de l’image (Li Fu, critique d’art)
Tel : 06 92 20 65 17
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